Dans une économie numérique en constante évolution, le risque de cyberattaques est omniprésent. Cette situation est encore aggravée par l’augmentation du télétravail due à la pandémie et par la dépendance accrue à l’égard des outils numériques tels que les plateformes e-commerce. L’année 2020 a été marquée par une recrudescence des ransomwares, notamment de la cyberattaque de Solarwinds. Il s’agit d’une violation massive par supply chain que les experts ont décrite comme l’attaque la plus étendue et la plus avancée jamais rencontrée.
Attaque par supply chain : c’est quoi ?
Une attaque par supply chain consiste à cibler un fournisseur de services pour obtenir un accès non autorisé aux systèmes d’information des victimes visées à des fins d’espionnage ou de vol de données. De ce fait, au lieu d’attaquer directement leurs cibles, les hackers s’en prennent à leurs fournisseurs de logiciels. Ces attaques ont des objectifs variés, notamment l’espionnage industriel, le vol de données clients, l’atteinte à la réputation, etc. L’attaque NotPetya contre Maersk a illustré les graves répercussions financières d’une telle violation, entraînant des pertes estimées à 300 millions de dollars.
L’interconnectivité croissante des systèmes et des appareils, associée à l’absence de mesures de sécurité solides, accroît les cyberrisques. Les attaques par supply chain soulignent la vulnérabilité des fournisseurs et des prestataires de services, souvent ciblés en raison d’une sécurité plus faible que celle d’entités plus importantes, servant potentiellement pour les pirates de points d’entrée dans des organisations plus importantes.
Quid de l’attaque de Solarwinds ?
C’est en opérant de la sorte que les hackers ont réussi à compromettre des entreprises de premier plan, dont Microsoft, FireEye et le département du Trésor américain, ainsi que d’autres institutions. En ce qui concerne Solarwinds, les attaquants ont exploité un mot de passe faible, « solarwinds123 », pour s’infiltrer dans un serveur de mise à jour du logiciel de gestion informatique Orion, développé par ce premier.
La mise à jour compromise contenait une porte dérobée (backdoor), Sunburst, permettant un accès non autorisé aux systèmes de plus de 18 000 clients. FireEye, qui aurait été le premier ciblé, a signalé la violation en décembre 2020. Cette entreprise de cybersécurité a indiqué que les attaquants, ayant recours à des méthodes hautement sophistiquées, avaient volé ou modifié des données depuis mars 2020. Les attaquants ciblaient principalement des informations sensibles concernant certains gouvernements clients.
Quelles leçons tirer de l’attaque de SolarWinds ?
La cyberattaque contre SolarWinds a mis en évidence la vulnérabilité croissante de nos infrastructures numériques. Cette attaque sophistiquée a rappelé à quel point la sécurité des chaînes d’approvisionnement et des logiciels utilisés par les entreprises et les gouvernements est cruciale.
Elle a également mis en évidence le besoin urgent d’une plus grande collaboration internationale pour lutter contre les cybermenaces transfrontalières. Cet incident nous rappelle que la prévention et la détection précoce sont essentielles et qu’elles nécessitent des investissements continus dans la cybersécurité, des audits réguliers et une sensibilisation accrue des utilisateurs.
Conclusion
En matière de cybersécurité, le risque zéro n’existe pas face à un hacker motivé. L’attaque de SolarWinds a dévoilé une réalité indéniable : notre écosystème numérique n’est pas à l’abri des cybermenaces. Cette intrusion de très grande ampleur souligne l’importance cruciale de sécuriser les supply chain et les logiciels, qu’ils soient utilisés par des entreprises ou des gouvernements. Pour faire face à ces menaces, la prévention et l’anticipation et la sensibilisation sont essentielles au sein de toute organisation.

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